Un objectif clair depuis le début
Nassima est une force de la nature, ambitieuse et déterminée, elle a tout mis en œuvre pour y arriver : « J’ai fait un BEP comptable secrétaire, je me suis réorientée pour faire des études longues car je savais que j’avais encore beaucoup de choses à apprendre pour concrétiser ce projet. » Malgré une moyenne passable, elle parvient à se réorienter vers un baccalauréat technologique en sciences et technologies du management et de la gestion (STMG). Elle enchaîne avec un BTS Management des unités commerciales (MUC), puis intègre une licence Administration économique et sociale (AES) avant de compléter son parcours par un Master Commercial banque et assurance. Pour moi, le BTS MUC n’a pas été une perte de temps ; il m’a formée à assumer des responsabilités. J’ai fait un stage en management pendant lequel j’ai géré une petite équipe. Je me suis orientée vers un master banque et assurance parce que je voulais pouvoir maîtriser l’aspect financier ; j’avais conscience qu’en tant que cheffe d’entreprise, ces connaissances me seraient utiles.
Retour aux sources
Nassima est née à Mayotte et a grandi à la Réunion. À 22 ans, elle s’installe à Dijon, puis à Clermont-Ferrand, pour poursuivre ses études. C’est une période de sa vie qui lui a forgé le caractère : « J’ai beaucoup galéré, c’était très dur ». Malgré le dépaysement et l’isolement, elle obtient son master avec la mention. Elle décide de s’envoler pour son île natale à l’annonce du décès d’un être cher. « Le jour de la restitution de mon mémoire, j’ai annoncé au jury et à la banque qui m’employait que je ne signerais pas de contrat chez eux, car je suis Mahoraise et je pense que mon île a besoin de personnes comme moi pour son développement. J’ai validé mon master, et deux jours plus tard, j’ai pris l’avion pour Mayotte ».
Forte des compétences que lui confère sa formation et ses expériences professionnelles en France hexagonale, le profil de Nassima plaît. Elle intègre une société médicale et en devient la directrice au bout d’un an d’ancienneté mais son désir d’être cheffe d’entreprise persiste. « J’ai fini par démissionner parce que bien que je sois directrice, beaucoup de paramètres m’échappaient. Je me suis rendu compte que ça ne me convenait pas, j’avais l’impression de stagner ».
Elle crée les statuts de Medimay en 2017 et sollicite Initiative Mayotte en 2019 pour un prêt d’honneur de 20 000€ qui permettra de financer les travaux de son premier entrepôt.
Une stratégie gagnante
Medimay commercialise des produits d’hygiène, des fournitures médicales et paramédicales, allant de la trousse de secours aux gilets d’examens en passant par des thermomètres. Arrivée à Mayotte en 2017, Nassima comprend vite que, pour qu’une société comme la sienne fonctionne, il faut des marchés, or « bien souvent lorsqu’une entreprise perd un marché elle se retrouve en très grande difficulté » nous confie-t-elle. C’est ainsi qu’elle cible, dans un premier temps, les indépendants du secteur médical et les particuliers. « Ce sont eux qui me permettent de payer mes charges fixes et de rentabiliser mon activité ».
Également proche de ses clients, elle a su identifier et répondre à leurs besoins : « J’ai remarqué que les familles dépensaient beaucoup en protections hygiéniques pour adultes. Afin de les aider, j’ai adhéré à la convention de la sécurité sociale pour qu’elles soient remboursées sur leur achat. Sans avoir de marché, tous les ans j’augmente mon chiffre d’affaires d’environ 30% à 40% ». Néanmoins, elle envisage de répondre aux appels d’offres du secteur public à partir de sept ou huit années d’activités.
Une ambition grandissante
Lorsqu’on lui demande comment elle voit l’avenir de son entreprise, Nassima répond instinctivement :
Pour atteindre cet objectif, Nassima se donne quatre ans pour constituer une équipe de choc, « Je veux recruter et former une direction, un secrétaire, un livreur et un comptable. D’ailleurs j’ai récemment recruté un jeune en tant que vendeur polyvalent, à qui je délègue progressivement la comptabilité et que je compte promouvoir au poste de responsable administratif et financier d’ici quelques mois ».
Mais ce n’est pas tout ; pour développer Medimay, Nassima souhaite faire des investissements fonciers (bureau, magasin, entrepôt de stockage de 1 000 m2) et internaliser la fabrication de certains produits d’hygiène. « Aujourd’hui je m’occupe de tout, l’idée c’est que l’entreprise puisse fonctionner sans moi, pour que je puisse développer l’activité de plomberie familiale dont j’ai repris la gestion cette année ».
Dans le réseau Initiative nous somme fies de financer et d’accompagner des entrepreneurs et entrepreneuses comme Nassima qui participent à la transformation économique des territoires d’outre-mer.